Trafic de cannabis et de cocaïne dans le Maine-et-Loire : une famille condamnée.
- Jérôme VINCENT
- 26 juil.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 août
L'affaire débute en janvier 2023 à Erdre-en-Anjou (Maine-et-Loire), lorsque le cadet d'une fratrie se lance dans la vente de stupéfiants. Le trafic prend rapidement de l'ampleur et finit par impliquer toute la cellule familiale, qui vit dans une précarité marquée, quatre personnes dans un logement exigu, l'un dormant dans le garage, l'autre dans une caravane.
Le 23 mars 2026, une perquisition déclenchée par un signalement anonyme met fin au trafic : un kilo de cannabis, 250 grammes de cocaïne et environ 20 000 € en petites coupures sont découverts dans un coffre-fort. Les enquêteurs évaluent l'ampleur globale du trafic à près de 400 000 €.
Lors de la comparution immédiate du 27 mars 2026, le parquet a distingué les instigateurs des simples suiveurs. Le plus jeune des frères a assumé l'entière responsabilité des faits, présentant les autres membres de la famille comme ayant seulement suivi son entraînement. Le beau-père et la mère étaient quant à eux soupçonnés d'avoir transporté les frères lors de leurs opérations, en toute connaissance de cause, et d'avoir profité des revenus du trafic.
L'avocat de la mère, Jérôme VINCENT, a plaidé que ses clients n'étaient pas des délinquants organisés mais des personnes ayant cédé à la facilité de l'argent pour subvenir à leurs besoins, citant des achats modestes comme une chaise de bureau ou un salon de jardin d'occasion.
Trois des quatre prévenus étaient inconnus de la justice ; le quatrième avait déjà des antécédents pour conduite sans permis et usage de stupéfiants.
À l'audience du 05 juin 2026, les avocats de la défense ont mis en avant plusieurs éléments d'individualisation des peines :
une participation "beaucoup plus faible" du frère aîné ;
le caractère disproportionné de l'estimation financière retenue ;
l'origine modeste des dépenses du foyer - mobilier de jardin, voyage, sauna - plutôt qu'un train de vie de "nouveau riche" (Me Jérôme VINCENT) ;
l'absence de casier judiciaire et la toute récente majorité du cadet, présenté comme l'instigateur.
Le tribunal a individualisé les peines selon le degré d'implication de chacun :
la mère et le beau-père : 18 mois d'emprisonnement avec sursis ;
le frère cadet, instigateur : 18 mois ferme, maintenu en détention ;
le frère aîné : 1 an, sous forme de semi-liberté.
Cette décision illustre un exercice classique mais délicat de la juridiction correctionnelle : distinguer, au sein d'un même réseau, les degrés de responsabilité pénale selon la nature de l'implication.
Pour lire les articles de Ouest France :
Voir les interventions de Me VINCENT en comparution immédiate et au tribunal correctionnel.



